Vous avez dit gaspillage ?

closeCet article a été publié il y a 10 ans 8 mois 14 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

NB : article non relu, mais j’avais envie de le publier rapidement, désolé par avance pour les fautes et les coquilles que je supprimerai.

Faisant suite à un article lu via la conscience de mon ami Bux, je vais me permettre d’ajouter ma pierre à l’édifice nécessaire de la dénonciation pour aller vers un monde plus rationnel, logique, intelligent, durable… Appelez cela comme vous voulez, mais c’est nécessaire !

Mais avant tout, une petite parenthèse sur cet article que j’ai longtemps hésité à écrire. En effet, formaté que je suis par les anciens médias, je me suis dit que ce genre d’article n’était pas dans ma « ligne éditoriale ». Mais c’est quoi au juste cette « ligne éditoriale » qui me semblait si important de respecter ? Si je me réfère à mon Petit Robert, ce serait un article qui émane de la direction d’un journal, d’une revue et qui définit ou reflète une orientation générale (politique, littéraire, etc.). J’ai quoi comme orientation générale ? Une morale ? Une envie ? Je ne pensais faire que des billets sur ma thèse, la technologie, etc… Mais pourquoi me séparer ? Pourquoi me couper, me réduire, me limiter d’une certaine manière, alors que je suis un tout ? Alors finalement ce sera un blog comme tous les autres, où je parle de tout, et peut être, surtout, de rien ? Je peux maintenant fermer la parenthèse et reprendre l’article sur le gaspillage.

Dans l’interview de cette personne s’occupant du replissage d’un rayon légumes d’une grande surface, on peut lire différentes choses qui choqueront peut-être certains d’entres vous, sauf si vous y avez travaillé. C’est d’ailleurs ce point qui est important, j’ai aussi travaillé en grande surface (Géant Casino), mais aussi pendant quelques temps pour une grosse chaîne de restauration rapide qui s’appelle McDonald’s.

Quand je travaillais en grande surface, j’exerçais une fonction très particulière, celle de l’ouvrier de base qui est chargé, entres autres, de remplir les rayons que les gens avides vont vider (Employé Libre Service, ou ELS). Je l’ai fait dans pas mal de rayons, des lessives jusqu’aux chocolats.

Et le discours de la personne interviewée est saisissant, prenez cela :

Il m’est déjà arrivé de jeter plusieurs kilos de navets que les gens n’hésiteraient pas à acheter, mais mon patron s’en fout royalement. (…) Une carotte qui n’est pas entière va se retrouver à la poubelle car personne ne la prendra, pareille pour les champignons de Paris un peu oxydés, les salades trop petites, les endives mis sur l’étalage le matin même mais dont les feuilles ont verdi par la lumière…

Remplacez les noms d’aliments par d’autres, que ce soit pains aux chocolats, yaourts, fromages… et le discours sera toujours vrai !

Cela représente plusieurs centaines de kilos par jour que l’on jette ;

Aucun doute là dessus, et amusons-nous ! Ajoutons à cela la quelques centaines de kilos de produits laitiers, pâtissiers… multipliez-le par le nombres de grandes surfaces et imaginez ! En faisant un calcul arbitraire, faux mais néanmoins intéressant, en prenant 50 kg par grande surface pour être raisonnable, et 1432 hypermarchés (mettons de côtés les super et autres !). On obtient donc un chiffre reflétant sans aucun doute nombres d’initiatives locales de « développement durable » (comment ose-t’on dans ce cas précis garder ce nom ?) :

…1432×50=71600…

Plus de 71 tonnes de nourriture consommable sont donc jetées chaque jour… Qu’est ce que ça représente 71 tonnes ? 71000 boites de raviolis… Mais encore, parce que je ne sais pas vous, mais moi j’ai beaucoup de mal à concevoir des nombres aussi gros… 10 éléphants, chaque jour on jette l’équivalent en poids d’une dizaine d’éléphants… Je pense qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus…

Et ma pierre à l’édifice c’est quoi ? De confirmer ce qu’a dit ce Monsieur ? En partie, mais je vais aller plus loin en parlant de ma modeste expérience chez « McDo ».

J’ai travaillé 9 mois dans ce restaurant, j’ai aussi eu la « chance » de participer à une modernisation complète de la cuisine et à quelques visites de certifications par McDonald’s France. Et c’est en particulier sur ce point que je voudrai revenir (notez que j’ai aussi travaillé dans un autre restaurant où le gaspillage était énormément moins présent). Nombreuses recherches en management vous le dirons, il y a d’un côté la théorie et de l’autre la pratique.

Au quotidien la gestion d’un Mc Do s’apparente plus à une somme de micro-ajustements (enfin micro…) par rapport aux « procédures », que ce soit au niveau de la production, du nettoyage et autre. Et donc, quand Mc Do France arrive, il faut, en revanche, bien utiliser les procédures, respecter ce qu’ils appellent « un niveau de production » (la quantité de nourriture à faire sur les différents postes et à avoir en permanence dans le « bin » (l’armoire où sont stockés les sandwichs chauds). Sauf que sans ajustements permanent et extrêmement contraignant du logiciel (par rapport au fait de reposer sur la capacité de la personne en charge de la cuisine à gérer sa production) à la production locale, ce dernier balance des chiffres incohérents. Du coup, lors d’un seul passage sur une seule demi journée, j’ai personnellement compté et jeté l’équivalent de 5 sacs de 100 litres (les gros sacs poubelles noirs) remplis de sandwichs fraichement cuisinés (environ 12 minutes, qui est le seuil maximum théorique de conservation du sandwich dans le bin).

Je n’en dirai pas un mot de plus, je précise que (pour ma conscience ?) c’est cet évènement qui est en grande partie responsable du fait que je démissionnais quelques semaines plus tard. Et petit rappel sympa sur le cas de Rémi Millet (que je salue !) licencié de chez Mc Do pour avoir donné son propre repas à un SDF (qui a gagné son procès) !

Et je suis sur que l’on pourrait aller très très loin de cette manière pour démontrer à quel point notre espèce est vraiment débile et exploite totalement de travers, à mon sens, ses capacités de réflexion. Mais à court terme, en plus de réfléchir à consommer local, intelligent, et utile, je reprends l’expression de cet employé de grande surface qui dit simplement:

Il faudrait réapprendre aux gens à consommer autrement, à ne pas se fier simplement à la forme et la propreté du légume par exemple.

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