À propos
Je suis Dr Pierre DAL ZOTTO, enseignant-chercheur en management des systèmes d’information et culture numérique à Grenoble École de Management, docteur de Université Grenoble Alpes et chercheur associé au CERAG.
J’étudie les technologies numériques comme des artefacts sociotechniques : systèmes d’information, IA générative, logiciels libres, jeux sérieux ou dispositifs de cybersécurité ne sont jamais de simples outils. Ils structurent des pratiques, orientent des décisions, créent des dépendances et transforment les conditions de création de valeur.
Mon travail relie recherche, enseignement et intervention publique pour rendre le numérique plus intelligible : comprendre ce que les outils changent, former au jugement critique, concevoir des supports réellement utilisables et ouvrir des discussions sur les choix techniques et organisationnels.
Axes de travail
Recherche & contributions
J’étudie les technologies numériques comme des artefacts sociotechniques. Autrement dit, je ne les considère pas comme de simples outils, mais comme des dispositifs qui orientent les pratiques, cadrent les raisonnements et participent à la définition de ce qui compte comme valeur dans les organisations.
Mes travaux portent notamment sur la co-création de valeur, les communautés en ligne, les données, les dispositifs d’apprentissage, l’intelligence artificielle générative et les formes d’innovation collaborative. L’enjeu est de comprendre comment les acteurs s’appuient sur des artefacts numériques pour coopérer, apprendre, produire du sens, organiser l’action et transformer leurs pratiques.
Game of Streams constitue un exemple de cette démarche. Ce dispositif peut être lu à la fois comme un support pédagogique, un outil de médiation et un artefact sociotechnique : il met en relation des données, des règles, des rôles, des arbitrages et des discussions sur la valeur. Il ne sert donc pas seulement à « apprendre la donnée », mais à rendre visibles les raisonnements, les choix et les tensions qui accompagnent l’usage des systèmes d’information dans les organisations.
Pédagogie & enseignements
Mon enseignement vise à donner aux étudiantes et étudiants une culture numérique robuste. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à utiliser des outils, mais de développer une capacité d’analyse : comprendre ce que les technologies font aux organisations, au travail, aux décisions et aux formes de dépendance.
Cette orientation traverse mes enseignements en management des systèmes d’information, culture numérique, innovation, analyse qualitative, cybersécurité et intelligence artificielle générative. Les notions sont travaillées à partir de cas, de productions concrètes, d’ateliers, d’exercices d’analyse et de mises en situation. L’objectif est que les étudiants puissent discuter un artefact numérique dans ses dimensions technique, organisationnelle, économique, juridique et politique.
Un exemple récent est le travail présenté en 2024 sur les usages pédagogiques des IA génératives dans l’enseignement supérieur. À travers neuf cas d’usage, cette réflexion permet d’aborder les IA génératives non comme des solutions magiques, mais comme des artefacts à situer dans des objectifs d’apprentissage, des contraintes d’évaluation, des pratiques d’écriture, des formes d’accompagnement et des exigences de réflexivité.
Interventions & impacts
Mes interventions auprès d’établissements d’enseignement, d’organisations publiques, d’entreprises et d’acteurs professionnels visent à rendre les transformations numériques plus lisibles. L’objectif n’est pas d’ajouter une promesse de plus, mais d’aider à poser un cadre de compréhension, de discussion et de décision face à des technologies souvent présentées comme évidentes, inévitables ou déjà maîtrisées.
J’interviens notamment sur l’intelligence artificielle générative, la cybersécurité, les données, les systèmes d’information, les logiciels libres et les usages responsables du numérique. Ces formats cherchent moins à promouvoir des solutions qu’à aider les participants à formuler les bonnes questions : que transforme réellement un outil ? Quelles compétences suppose-t-il ? Quelles dépendances introduit-il ? Quels risques déplace-t-il ? Quelles pratiques rend-il possibles, plus coûteuses ou plus fragiles ?
Un exemple récent est celui des interventions consacrées à l’intelligence artificielle générative . Ce type de format permet de travailler concrètement les usages de l’IA dans les organisations : rédaction assistée, synthèse, analyse, conception de supports, montée en compétence, mais aussi gouvernance, sécurité, limites des modèles et conditions d’une appropriation responsable.
Posture & approche
J’adopte un regard pragmatique, critique et réaliste sur les technologies numériques : les évaluer à partir de leurs usages, de leurs coûts, de leurs dépendances et de leurs effets concrets, sans céder ni au solutionnisme technologique ni au rejet de principe.
Parler sérieusement du numérique suppose aussi d’en maîtriser quelques dimensions concrètes : installer, configurer, documenter, maintenir, sécuriser. Ce site auto-hébergé sur une infrastructure légère prolonge cette idée : publier et maintenir son propre espace numérique rend visibles des choix techniques souvent invisibilisés.
Cette logique traverse ma manière de travailler, d’enseigner et d’intervenir : privilégier des dispositifs compréhensibles, documentés, discutables et appropriables. Logiciels libres, cybersécurité, culture numérique et médiation relèvent d’une même exigence : reprendre prise sur les artefacts sociotechniques qui organisent nos activités.
Dans l’esprit des Crocker’s Rules, je préfère une objection claire à une approbation floue : la critique, lorsqu’elle est argumentée, est un matériau de travail.