Le processus de publication scientifique, illustration…

closeCet article a été publié il y a 7 mois 25 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

Pour différentes raisons j’ai du expliciter un peu le processus de publication scientifique, particulièrement la revue par les pairs en double aveugle. Du coup je partage cette illustration ici, je pense qu’elle peut aider. Je détaille chaque étape associée à un numéro. Attention, petite précision, il s’agit ici uniquement du processus de publication dans des revues sérieuses, pas des livres ou autres conférences (même si toutes les bonnes conférences aujourd’hui ont aussi le même processus) et working papers ou revues pseudo-scientifiques.

Cette illustration peut aussi remplacer celle que j’avais utilisée ici pour parler de la publication académique, comment chercher, trouver, etc.

le processus de publication scientifique en double aveugle

Alors, il faut déjà comprendre que ce graphique commence lorsque la recherche est déjà faite, finie, et que les scientifiques souhaitent informer la communauté des résultats (c’est l’étape 1 -> j’aurais pu faire une flèche simple mais c’est plus… Complexe).

Ce rapport écrit (étape 2) est proposé à une revue scientifique, l’éditeur va regarder cet article et décider soit de le rejeter (il peut le faire à tout moment), soit de l’envoyer en révision (étape 3). Il s’agit alors pour l’éditeur d’envoyer à 2 autres scientifiques qu’il estime apte à critiquer le document (on dit que l’article de recherche passe « under review »). Ces deux chercheurs ne connaissent que l’éditeur, tout comme les auteures ne connaissent que l’éditeur. Les reviewers (ces chercheurs en charge de critiquer le document) vont alors démonter autant que possible l’article envoyé par l’éditeur. Ils ne travaillent pas ensemble, et ne savent pas qui est l’autre et ne sont pas rémunérés spécifiquement par l’éditeur ou la revue pour cette tâche.

Dans une troisième étape (précisons qu’il a pu s’écouler déjà près de 6 mois depuis le dépôt par les chercheurs), les reviewers envoient leurs critiques. l’éditeur décide alors de refuser le document, ou de l’envoyer aux auteurs qui doivent alors répondre à l’ensemble des critiques émises pas les reviewers et l’éditeur, généralement sous 3 à 6 mois. La réponse est soumise à l’éditeur qui décide alors de rejeter l’article, de le publier (très rare au premier tour) ou de le renvoyer aux mêmes reviewers. Un autre tour commence (on dit un « second round » dans le jargon), ça peut aller jusqu’à 4 dans les plus grandes revues… Après c’est une acceptation pour publication (voire une acceptation sous condition, par exemple d’apporter quelques modifications), ou un rejet définitif. Ajoutons enfin que, dans les plus grandes revues, le taux d’acceptation (nombre d’articles acceptés sur nombre d’articles soumis) est de l’ordre de 5%. C’est à dire que sur 100 articles envoyés à la revue, seul 5 seront publiés.

Voilà, j’espère que c’est plus clair. Précisons en plus que le boulot d’éditeur est bénévole (ou payé sur le teps de travail du chercheur par sa propre institution), de reviewers aussi, bien que parfois valorisé en temps de travail par certaines institutions. Par contre le « boulot » de mettre en forme le document et de lui attribuer un identifiant unique est valorisé par des éditeurs capitalistes (dans le mauvais sens du terme) qui offrent un service indigne de recherche de document, ou, finalement la recherche est deux fois plus chère car elle finance ce système qui s’auto-renforce.

Je vous mets cette petite vidéo qui résume d’ailleurs bien, dans le cadre des publications « open access » (les guillemets sont pas là pour l’anglais hein) c’est à dire pour laquelle tout le monde peut consulter le rapport final. Ce rapport final ou article scientifique est vendu entre 10 et plusieurs dizaines d’euros par article ! Alors vive sci-hub et RiP Aaron Swartz :

Et pour rappelle la vidéo un peu plus longue, en français, de Dirty Biology là dessus :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.